Un peu d'histoire...les origines
Marathon, aujourd'hui appelée Marathónas, est une ville de la Grèce Antique située dans l'Attique à 40 kilomètres au nord-est d'Athènes. En 490 av. J.-C., les Athéniens, conduits par Miltiade et aidés par un contingent de Platéens, y remportèrent une célèbre victoire militaire qui mit fin à la première guerre médique. La tradition rapporte que, pour rassurer ses concitoyens, Miltiade y dépêcha un messager, le soldat Philippidès, lequel parcourut la distance avec tant de hâte qu'il mourut d'épuisement à son arrivée. C'est pour célébrer son héroïsme que fut créé l'épreuve du Marathon.
La veille de l'épreuve à Marathon Expo, la Pasta party, je suis avec mon meilleur ami et j'angoisse un peu, je m'interroge, dois-je courrir le marathon fatigué alors que j'ai commencé à m'entraîner seulement depuis 6 semaines. Est-ce bien sérieux ?!
29 706 concurrents (ma pomme compris) ont pris le départ de la 32ème édition du Marathon International de Paris sur les Champs-Elysées dans une ambiance toujours aussi festive et quelque peu glaciale ou frigorifique. Avant même le départ, un arrêt pipi s'impose au Champs tout près de l'Arc de Triomphe, c'est pas le top ça, pisser au grand air aux Champs. La tension est palpable dans les SAS, l'hélico tourne au dessus de nos têtes comme un berger qui surveille ses brebis, c'est la retransmission en direct sur France 3. Et le départ officiel est donné, toute la masse de concurents crie, rigole, jette leur T shirt et survêtement, le sourire aux lèvres et l'envie de partager est bien présente, c'est tout simplement génial.
Les derniers concurrents (ma pomme compris) ont franchi la ligne de départ alors que les leaders se trouvaient déjà place de la Nation...
Tout au long du parcours, de la Bastille au quai de Seine en passant par le Bois de Boulogne, près de 200 000 personnes étaient présentes pour nous encourager nous les concurrents (par nos prénoms affichés sur nos dossards) et profiter des 75 animations musicales et festives dans les rues de la capitale.
Les sonneurs de Trompes, en grande tenue me font sourire, je pense au Groland, les percus et danses africaines, des jolies Pom Pom girl, des danseuses Carribean Show des caraïbes, Les Carioca de Paris, percussions et danses brésiliennes, et le boum boum de la Samba brésilienne qui met régulièrement le feu au Marathon ne font qu'alimenter mon envie de continuer.
42,195 km dans Paris... De l'avenue des Champs Élysées à l'avenue Foch, en passant par Bastille, Nation, Vincennes, les Tuileries...
Vous descendez les champs (bref coup d'oeil à ma gauche pour apercevoir GAP, mon mag préféré aux Champs), ensuite Concorde et toujours les pavés, puis Rue de Rivoli ... une lumière jaune attire mon attention, et c'est Jeanne d'Arc qui est là. Ensuite, pause pipi, bon ça je l'avoue c'est moins glamour, mais quelque peu obligatoire. Puis l'aventure ne fais que commencer, nous sommes à peine au 4 Miles... la journée s'annonce radieuse !
Les résultats
Chez les hommes, le jeune et talentueux Ethiopien Tsegaye Kebede a frôlé le record de l'épreuve en s'imposant avec une grande maitrise en 2h06'40. Et dire qu'à ce moment précis, je bouclais alors à peine mes 20 km.
Chez les femmes, c'est la kényane Martha Komu qui a créé la sensation en remportant la course au sprint en 2h25'33, c'est presque le temps que j'ai mis pour faire le semi marathon (2H22) lol autant dire que lorsque le parcours 1 mètre, elle en fait 2, ou bien lorsque je peine à faire un seul mètre, dans le même moment, elle est déjà à commencer son troisième mètre. Une vraie gazelle !
Mes temps de passage :
5 00:33:17
10 01:08:13 (eau, fruits secs, fruits frais et du sucre)
15 01:40:53 (2 pauses pipi compris)
21 02:22:00 (je me sens bien, pas fatigué, beau temps)
25 02:50:38 (je bois, je mange, je cours, même blond à l'origine j'arrive à faire toute cette coordination)
La seine, Notre Dame, le métro et la Tour Eiffel en fond de toile, c'est génial. Euh oui j'oublie de préciser qu'à mon allure, j'ai eu le temps et donc loisir de lever la tête et d'admirer notre capital.
30 03:26:14 (3 arrêts au stand, + 1 pause qui (m'ayant fais perdre du chrono, m'a néanmoins allégé considérablement) + 1 massage au mollet droit pendant 1'30 par un kiné, ça soulage, je me sens revigoré)
35 04:02:37 (j'ai bu presque 5 litres d'eau et boisson isotonique, 5 barres de céréals et pâtes de fruits, les muscles se tendent, vous invite à aband... non je n'y pense pas un seul instant. Ma devise tiens toujours et je me répète machinalement et inlassablement Keep going, never givin' up, I can get it, and I should be able to, come on, Keep goin', never givin' up... Keep goin', never givin' up
Après le pont de l'Alma, sur les quais de seine, c'est l'image de Verdun qui me vient à l'esprit, mon environnement s'ameunuise, se déchire progressivement , certain reste dépité, presque désolez d'en rester là, quand d'autre s'étire en s'appuyant sur les murs et voitures en espérant repartir, et grimace, d'autre encore boitille, d'autre poursuive en se tortillant de douleurs. C'est l'hecatombe totale.
Suivant l'allure de deux américaines qui arborent un T shirt en mémoire de leurs amis disparus au W.T Center, je me dis que rien ne pourra m'empêcher de continuer.
42Km 195 04:49:16 The finish lane, the arrival, la dernière photo, un gros ouf de soulagement, une grosse envie de dormir, de faire la fête, de manger, mais vite de l'eaaaaaaaau vite
Fatigué, je franchis la ligne et reçois ma médaille, fier d'avoir terminé mon marathon, le premier en solo. Un pancho en plastique verdâtre sur les épaules (le côté glamour revient), je discute à l'arrivée avec une Mexicaine qui me dit que New York auquel elle a participé 2 fois est encore plus fabuleux. L'envie de continuer?! bien sûr... puis je décide de rentrer avec ce qui me restent commes muscles et jambes cassées, la tête haute et remplie de souvenirs inaltérables. Maintenant, je peux le dire, je l'ai fais.
Presque 2 mois après... toujours aux séances de kiné, massage et autres longueurs de natation...la récup' continue. Vive le sport !